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Le 28 Août [1836 г. Михайловское].
J’espère que ma dernière lettre a dissipé Vos inquiétudes, mon cher Papa. Je me repends maintenant de Vous avoir écrit pendant que j’étais malade; n’est-ce pas que j’avais mieux fait d’attendre ma convalescence pour Vous donner de mes nouvelles, — vous auriez attribué mon silence à l’inexactitude de la poste et voilà tout, peut- être. L’idée alors m’en était venue, mais comme, en arrivant ici je Vous avais écrit que j’étais arrivée souffrante et que je ne prévoyais pas que cette lettre s’égarerait, j’ai mieux aimé Vous dire la vérité. Mais à présent, de grâce, soyez tranquille! Je me sens tout à fait bien et comme le temps est beau, le séjour de la campagne me fait beaucoup de bien. J’ai été non seulement chez Прасковья Александровна2), mais même chez les Timoféef4), c’est Vous en dire assez. Ce qui vous fera encore plaisir sûrement et Vous tranquillisera entièrement, c’est que j’ai consulté, bon gré mal gré, le très docte médecin d’Ostroff, que mon mari m’a fait la surprise de m’amener à la suite d’un petit évanouissement, qui l’avait beaucoup effrayé et qui n’était prévenu du reste que d’une promenade, que j’avais faite un peu au dessus de mes forces.
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Personne ne m’ôtera l’idée que ce n’est que le paysan sorcier qui m’a guérie; c’est bien lui, qui m’a débarrassée et de la toux terrible, et de la fièvre, et de la bile répandue, — je crois bien, car j’étais toute jaune; les vertiges et les évanouissements auraient aussi sans le secours du très docte Sokolsky, qui a eu pourtant le bon esprit de ne me prescrire que des bains d’herbes et de la mousse d’Islande, ce qui fait que j’exécute ses ordonnances d’assez bonne grâce. Il prétend que mon mal principal est un dérangement de nerfs, Vous voyez qu’il n’y a rien de sérieux; il me faut du calme, et voilà tout....
Adieu, mon cher Papa, embrassez, je Vous prie, bien tendrement pour moi mes cousines1); je leur écrirai une autre fois. Je n’en ai pas le temps à l’heure qu’il est: il faut envoyer bien vite à Голубово2). Madame Osipoff, Euphrosine3), les Timoféeff, toutes ces dames se rappellent à Votre souvenir; ces dernières m’ont demandé Votre adresse; elles ont été chez moi, et je leur ai rendu la visite sans les trouver, malheureusement. C’est un gui-gnon véritable que de faire 12 verstes pour s’en retourner sur le champ! Elles étaient parties pour Novorjeff. Adieu encore une fois, je Vous baise les mains.
Mon mari présente ses respects. Mes respects à ma Tante et à mon Oncle1).