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Л. С. Пушкинъ — С. Л. Пушкину.
Stavropol. 27 Déc. [1836 г.]
Je viens d’arriver à Stavropol ou j’ai trouvé la lettre que vous m’avez écrite à l’adresse de Всеволожскій. Demain je repars pour me rendre à un régiment de Cosaques de la Ligne, auquel je me trouve attaché 1) et qui doit sous peu avoir affaire à un parti de Чеченцы, qui ont juré son extermination. Je suis en attendant à la suite de la cavalerie et heureux de me retrouver à la guerre; c’est la seule chose, qui me console de la Géorgie, que j’ai quitté avec un véritable regret. Au nom du Ciel écrivez moi plus souvent, mon cher Papa, et écrivez moi plus au long, il m’est nécessaire d’être au fait de votre santé et de tout ce qui vous concerne. Ni Alexandre, ni personne au monde ne m’écrit un mot; je remercie donc tout le monde de ne pas soucier de moi; je paie bien la pareille; je voudrais pourtant savoir ce qui advient de Михайловское, car un secours pécuniaire me sauverait de bien de désagremens.
J’ai oublié de vous dire que j’ai trouvé ici le baron Vrevsky 2), qui m’a aussi remis une lettre de votre part, mais de bien ancienne date. Il va faire une tournée en Géorgie et puis il reviendra en Russie. Si je le revois à son passage, je vous écrirai plus au long avec lui, si non, il vous donnera de vive voix de mes nouvelles. — Vous désirez savoir les détails de l’assassinat de Ефимка, — c’est trop long; je vous dirai seulement qu’il eut lieu pendant une petite excursion que
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nous fìmes à cheval, en revenant à Tiflis; le domestique du malheureux Макаровъ et le mien avaient pris les devants; j’étais resté un peu en arrière avec Макаровъ qui ne m’a pas attendu quelques minutes, a rejoint les misérables et est tombé sous les balles de leurs fusils et sous les coups de leurs poignards. Ces gueux, dont le plus âgé n’a que 19 ans, avaient dans l’idée de pouvoir être libre en tuant leur maître. A mon départ de Tiflis leur sentence n’était pas encore prononcée. Je suis toujours sans domestique, mais je ne vous prie pas de m’en envoyer; premièrement c’est embarrassant et secondement je ne suis plus curieux d’avoir des esclaves à mon service. — Le chef du régiment où je me rends est un charmant homme, que j’ai connu autrefois et avec lequel j’était lié presque d’amitié. J’espère être bien avec celui-ci au moins; au reste je n’ai pas à me plaindre de mes nouvelles autorités d’ici, malgrè le baron Rozen 1) j’en fut comblé de prévenances. — Adieu, mon cher Papa, donnez moi des nouvelles de ma sœur 2). — Est-t-il vrai que Cat. Gontcheroff s’est mariée? A qui donc? 3) Et combien de neveux et nièces m’a donné sa sœur? 4)
Pouchkin.
Il n’est pas besoin de vous charger de mille choses pour ma tante, mon oncle et mes cousines 5): cela va sans dire.
Сноски к стр. 48
1) 26-го декабря 1836 г. Л. С. Пушкинъ былъ прикомандированъ къ Гребенскому казачьему полку.
2) Бароны Ипполитъ или Павелъ Александровичи Вревскіе; они оба служили на Кавказѣ.
Сноски к стр. 49
1) Баронъ Григорій Владиміровичъ Розенъ, командиръ Отдѣльнаго Кавказскаго Корпуса съ 1831 по 1837 г.
2) О. C. Павлищева.
3) Фрейлина Екатерина Николаевна Гончарова вышла за барона Георга Дантеса-Геккерна 10-го января 1837 г.
4) Л. С. Пушкинъ, вѣроятно, еще не зналъ, что 23-го мая 1836 г. у него родилась племянница Марія Александровна (нынѣ графиня Меренбергъ).
5) Сонцовы.