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Симону Ивановичу Мазаровичу.

Рукою С. И. Мазаровича приписано: "reçu le 16 octobre 1819".

Rapport à Monsieur le Chargé d'affaires de Russie en Perse.

Monsieur.

Ce n'est que le 2 du mois ou pour mieux dire la nuit au 3, que je suis arrivé à Tiflis bien portant et parfaitement

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accueilli par les autorités. Déjà il y a une aurore de tranquilité pour moi, mais il fallait parler à beaucoup de personnes et leur reparler encor[e] sur l'objet de mon voyage jusqu'ici, et de celui, qui me reste a faire; j'ai du mettre en ordre pour M. le général Weliaminoff une liste détaillée des individus. que je mène. Cela naturellement m'a empêché de me mettre à l'oeuvre pour porter à Votre connaissance les détails de ma marche depuis la frontière, dont la lenteur doit vous paraitre indéfinissable. Je Vous en communiquerai les circonstances aussi rapidement, que possible pour ne pas faire perdre du tems à Papa-Melix, qu'on Vous expédie demain.

L'on m'a tenu un jour à Sissian, 2 à Garousse, 3 à Choucha, d'où j'ai fait une course à Tchinahtclii pour m'aboucher avec le colonel Réout, remplaçant Madatoff. Les fréquentes interruptions provenaient de l'approvisionnement. On n'était pas préparé sur cette route, que j'avais prise, sans qu'on en fût instruit. Tantôt il n'y avait que farine dans les magazins, il fallait quelques jours pour la cuire, tantôt on s'arrêtait, pour moudre le grain. Que voulez Vous? Ce n'est pas, qu'on m'obstruât le chemin: ce n'était proprement la faute de personne. Pour les viandes, choux etc., cheveaux de train, tout fut à mes frais, je n'ai pourtant pas dépassé la somme de 300 r. Mes comptes sont en régle, et je n'attends, qu'un peu de loizir pour les rédiger nettement, et Vous les presenter ensuite.

De Choucha j'ai pris les devants jusqu'Elisabethpol, on m'y arrêta 7 jours, avant de recevoir des ordres de Tiflis pour me faire passer. Et ici!... je n'ai rien à Vous dire; des papiers d'office Vous ont été envoyés qui prouvent combien les convenances, les loix, enfin des causes très graves s'opposent a ce qu'elle soit strictement observeé cette parole, que Vous m'aviez si solemnellement donnée. M. le général Wéliaminoff fait ce qui dépend de lui pour me compromettre le moins qu'il peut envers mes malheureux, je le serai pourtant vis-à-vis de 80. Cela est bien amer, après tant de sollicitudes,

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tant de désagréments, endurés dans la seule ideé, que cela servirait à leur bonheur commun. Il serait dur pourtant d'aggraver par mes lamentations le déplaizir, que déjà l'occu[r]rence par elle même doit vous faire Monsieur. Des sentiments de bonté trop précipités Vous ont voilé dans le tems, les conséquences plus que probables, qui se réalisent maintenant, et me voici dupe et trompeur!

Pour adoucir un peu l'impression affligeante, que je dois Vous avoir causée, je Vous dirai, Monsieur, qu'aux engagements près, contractés avec les transfuges, la conduite de Vos affaires est fort gouteé ici de tout le monde, mais très instruits des machinations Persannes à Votre égard, on Vous approuve sans Vous porter envie. A propos de Persans le Sarhang Mehmet-Kouli est ici avec tout son train; il se dit pauvre, misérable, et voilà une pension sur le tapis. Les 400 familles, qui l'ont suivi seront domiciliées aux environs d'Elisabethpol. Ne voudriez Vous pas m'écrire deux mots sur le compte de sa femme? — Par tout où j'ai passé, les autorités locales furent par moi averties, que tout homme soit du Chah même, s'il arrive de l'étranger sans être muni d'un passeport, que Vous aurez signe, doit subir un sévere examen sur les lieux, et réstera deténu jusqu'à une nouvelle décision, qui Vous sera demandée. C'est ainsi, que le commendant d'Elisabethpol, homme très intélligent l'a toujours entendu, mais il n'avait là dessus aucune instruction positive, dorénavant il m'a dit de ne vouloir pas procéder autrement. Cependant un individu a eté saisi, portant des lettres de la part de Selim-Khan à Mohileffsky; l'affaire me semblait devoir être éclaircie avant mon arrivée ici, car j'ai tardé 7 jours àGandja, j'en ai parlé au Général. W. et croiriez Vous qu'il n'en sache rien? C'est le cas pourtant, je ne sais comment me l'expliquer.Hodja Beg propriétaire (s'il y en a en Perse) entre Kasantché et notre frontière m'a envoyé complimenter par son fils, à mon passage le long de l'Alindja. Nous avons causé en Persan, il se plaint de sa position, desirant passer sous le gouvernement Russe. On

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se plaint néanmoins au Karabagh; ceux du Chamchedil soupirent après l'Iran. Il n'y a que plainte de notre côté, comme du leur. Mais sur la frontière quelle réciprocité d'espionnage, de désertions! L'on fuit de là! l'on s'enfuit de chez nous, et selon moi ce n'est que de Charybde en S[c]ylla. Affreuse administration la comme ici sur ce que j'ai pu observer. J'aurai l'honneur de Vous en entretenir à une époque plus favorable.

Quelques trois petits papiers m'ont été remis de ceux, que Vous avez bien voulu m'adresser. Larin est venu me trouver à Choucha. Il a passé quatre jours sans manger, sans voir âme, qui vive, tâchant toujours de regagner mes trâces à travers des forêts et des Alpes i'mpraticables, enfin il fut attaqué, mais jeune et vigoureux, il mit hors de combat les trois scélerats, qui voulaient le garrotter. C'est ainsi, qu'après bien de calamités, il me rejoignit. Admirable bonne volonté! Je Vous remercie de ce que Vous Vous êtes prêté de si bonne grâce à ma demande pour les deux seuls personnages Persans, qui n'ont pas mal agi avec moi. Patience, dites Vous, Dieu Vous, la conserve Monsieur, sans elle point de salut à Tabriz. M. le Général W. m'a succintement conté la teneur de Vos papiers, il paraêît, que la cohue de barbus s'agite encor(e), et aussi sotte comme à l'époque à laquelle je m'en suis séparé. Persévérez a les cajoler et souffleter selon le besoin du moment. Du reste pardonnez moi ma rapsodie, à l'avenir je Vous ferai mes rapports par provision, car je vois, qu'on n'est pas toujours maitre d'écrire à point nommé.

C'est avec les sentiments de la plus parfaite soumission que j'ai l'honneur d'être.

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Monsieur

Votre très obéissant

Alexandre Griboyedoff.

        № 15.

   6 octobre 1819. Tiflis.

C'est demain, que je m'achemine plus loin.

Ambourger vous présente ses respects; il désirerait fort revenir près de Vous le plus promptement; mais la faculté s'y oppose. Vraiment je le trouve malade, la vertu des eaux firugineuses1) n'a pas été trop efficaces à l'amélioration de sa santé.

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1) Правильно: ferrugineuses.