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IX.

[1817. Подвойское].

Par où commencer, ma chère maman, est-ce par mon arrivée ou par mon départ? Le dernier est assez triste, je ne vous parlerai donc que du premier, parce qu’il faut toujours choisir les objets les plus agréables. Sachez donc qu’ après une semaine de plus heureux voyage nous sommes arrivés à Podvoiskoe; ce n’est pas le plus beau: Monsieur Pantchoulidseff, qu’on attendait depuis longtemps, était arrivé une heure avant nous. Il faudrait imaginer une réunion aussi joyeuse. La soirée s’est passée dans une gaîté folle. Le général est l’homme le plus aimable que j’aie vu, il a je ne sais quelle loyauté, je ne sais quelle franchise qui tient de l’ancienne chevalerie. Il parle extrêmement haut et il semble qu’il aurait voulu que chacun puisse lire au fond de son coeur.

Que bien peu de gens auraient formé un pareil voeu! — Je l’ai appelé chevalier saus peur et sans reproche et je ne sais qui me dit qu’il doit mériter ce titre. Je ne

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vous parlerai point de quelle maniere je fus reçu ici. Vous connaissez cette amitié incomparable de ces personnes encore plus incomparables. Tout ce qu’ils font pour moi, tout ce que je sens pour eux est au-dessus de toute expression. Je crois qu’en détaillant des sentiments trop énergiques on les affaiblit. Ma cousine Machinka et mon cousin Apollon ne m’embrassèrent qu’en pleurant. Oh, ma chère maman, le plaisir de se voir aimé vaut tous les plaisirs du monde.

On ne s’attendait pas à me voir si tôt dans ces contrées, ce fut une surprise générale. On n’a cessé de m’interroger sur votre compte et sur votre voyage à Moscou qui est totalement impraticable. Nous avons été chez les Costelef, ils étaient à la campagne, mais j’ai cherché des renseignements parmi les marchands. Tout, depuis l’épingle jusqu’aux objets les plus recherchés est d’une cherté horrible. Le bois d’une demi archine pour le chauffage est à 20 roubles la sagène. Le loyer est encore plus exorbitant, on paie jusqu’à trois mille roubles pour 8 [6?] chambres quelquefois très mesquines. Le gouvernement est extrêmement rigoureux pour la propreté des rues. Si vous laissez par contrat aux maîtres de la maison à у pourvoir vous payez doublement cher. Tous ces inconvénients réunis rendent le s{e}jour de Moscou fort embarrassant. Vous pourrez vous régler sur le tableau que j’ai tâché de rendre aussi fidèlement que possible. Il faut que je fasse un petit écart pour vous raconter une véritable merveille. Au mois de juillet de cette année-ci on а commencé un bâtiment de 80 sagènes de long sur 45 de large pour servir à l’exercice de troupes pendant l’hiver; ce bâtiment est maintenant achevé et achevé dans toute la force du terme! Songez encore que ce bâtiment a la hauteur d’une maison à quatre étages. C’est incroyable, mais on prodigue l’argent, apparemment on en possède beaucoup. Mon oncle veut vous écrire; il mettra quelques mots ici en bas.

Eugène.

По копіи изъ первой тетради, № 9.

Было напечатано начало, до словъ: On ne s’attendait pas, съ пропускомъ одной фразы и съ замѣной одного слова (ср. Полн. Собр. Соч. II, 282).

Иванъ Давыдовичъ Панчулидзевъ (р. 1760 † 1817) — генералъ-лейтенантъ, былъ женатъ на Марьѣ Андреевнѣ Боратынской, тёткѣ поэта (см. ниже, примѣч. къ письму XVIII). Какъ видно по датѣ письма, бодрая, полная увлеченія характеристика И. Д. Панчулидзева сдѣлана незадолго до его смерти. — Въ Татевскомъ архивѣ хранится переплетённый томъ писемъ къ И. Д. Панчулидзеву маркиза де Траверсе. Среди бумагъ семейнаго архива Боратынскихъ въ с. Шушарахъ (Казанской губ.) находится рядъ писемъ И. Д. и М. А. Панчулидзевыхъ. См. нашъ второй отчетъ, стр. 1204. Родословная роспись Панчулидзевыхъ напечатана при VII части записокъ Ф. Ф. Вигеля, изд. «Русскаго Архива», М. 1892, прилож., стр. 70—75.

Costelef — вѣроятно, описка въ копіи, вмѣсто Costilef. Послѣдняя фамилія встрѣчается среди извѣстныхъ намъ лицъ, знакомыхъ съ семьёй Боратынскихъ: въ семейномъ

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архивѣ с. Шушаръ есть письмо А. Костылевой къ А. Ѳ. Боратынской. (См. нашъ 2-й Отчётъ, стр. 1205, № 36).

Mon oncle — Богданъ Андреевичъ Боратынскій. См. ниже письмо къ нему Е. А. Боратынскаго.